Les moulins

Pendant des siècles les moulins à eau ou à vent, ont marqué le paysage tant urbain que rural d’une empreinte aussi forte que le château ou l’église. Les moulins à eau obligèrent l’homme à aménager, modifier, canaliser les cours d’eau, créer des étangs, pour les alimenter.

Un peu d’histoire


Le moulin à eau a été la première machine mue par une énergie naturelle. Élément capital du progrès technique, il est resté plus de 1000 ans la seule machine utilisée pour tous les besoins industriels.
Les premiers moulins à eau sont situés vers le Ier siècle avant JC, au Proche Orient, basés sur un système simple : une roue entraîne les meules par l’intermédiaire d’un renvoi d’angle
Dès le Vème siècle, ils commencent à se répandre dans les campagnes.
A partir du Xème siècle, expansion importante (maîtrise des techniques et poussée démographique), multiplication du nombre de moulins par 3 (voire 10 dans certains secteurs) entre le Xème siècle et le XIVème siècle. Le droit de construire un moulin était lié aux fiefs (domaines) donc aux seigneurs locaux avec leurs lots de redevances, taxes et autorisation.
Au XVII et XVIIIème siècle des progrès techniques énormes (transmission mécanique par les engrenages, amélioration des roues pour optimiser la transformation de l’énergie cinétique de l’eau en énergie mécanique) préparent les moulins à l’adaptation industrielle.
Après la révolution (abolition des droits d’eau et de vent), nouvelle expansion des moulins liée à cette libéralisation (concurrence âpre et progrès constant dans l’aménagement du moulin et des procédés de mouture)
A partir de 1800, le moteur à vapeur fait son apparition ; les moulins à vent en subiront les premiers les contrecoups. Les moulins à eau, eux, résisteront encore un siècle grâce aux progrès techniques de la meunerie. Puis ils sont délaissés ; certains pourront être transformés en usine électrique dès la fin du XIXème siècle…

Les moulins sont le reflet d’une société , de son évolution technique, de son développement.
Autrefois lieu de rencontre des habitants pour un besoin vital et pour papoter, aujourd’hui, ils font partie d’un patrimoine indispensable à préserver.

Moulin à drap ou foulon : Le foulonnage consistait à dégraisser les draps de laine dans l'eau de la rivière.
Pour cela, on plaçait l'étoffe dans une cuve remplie d'eau et de terre glaise, puis elle était frappée succéssivement par trois paires de pilons mues par la force hydraulique.
Cette opération, en feutrant les fils de laine, apportait aux draps une douceur particulière.

Moulin à tan : Le tan est constitué d’écorce de chêne moulue, utilisée dans l’application des méthodes anciennes de tannage végétal.

Moulin à papier : (source wikipedia) Jusqu’à la moitié du XIX° Siècle, le papier était fabriqué à partir de vieux chiffons (lin, chanvre, coton).
Dans un premier temps, les chiffons étaient humidifiés puis mis au « pourrissoir » (cuves) où ils macéraient pendant plusieurs semaines. Ensuite, les chiffons étaient broyés dans la pile à maillets.
La pile à maillets, inventée au XIIIe siècle en Italie, était actionnée par l’énergie hydraulique. Elle permettait le défibrage, le raffinage et l’affinage des chiffons par l’action des maillets en bois sertis de pointes.
Le broyage durait de un à trois jours.

A Mazangé


On y recense 4 sites avec des moulins à eau. Les installations qui subsistent sont essentiellement celles qui servaient à moudre le grain :

  • Le moulin du « Lierre » (qui, au XVIème, s’appelait Villeneuve/Boulon) sur le Boulon  Zoom
  • Le moulin de la Ripopière sur le Boulon Zoom
  • Les moulins du Gué du Loir (ou de la Hotterie) sur le Boulon et le Loir Zoom
  • Le Grand Moulin sur le Boulon Zoom
  • Le moulin d’Echoiseau (anciennement « petit moulin ») sur la rivière de Mazangé : moulin à grains Zoom

Les moulins de la Hotterie
La "Hotterie" est formée de la partie du Gué-du-Loir, qui se trouve entre le Loir et la route.
Au XVe siècle, 3 moulins tournaient à la Hotterie, l'un à tan(poudre d'écorce de chêne), l'autre à blé et le 3e à drap.

C'est à un de ces moulins, qu'était attaché le droit de passage ou billette sur le Boulon, vers le XVIIe siècle.
Saint Venant explique :

Le passage du Boulon était sujet à péage et ce péage relevait en fief, à foy et hommage du duché de Vendôme.
Ce droit de bac à péage ou bac à billette, était possédé au XVIIe siècle par les seigneurs de Villeprouvaire(vallon de la Boële à Lunay), eux-mêmes possesseurs des moulins de la Hotterie par suite de l’aliénation qui en avait été faite le 6 novembre 1637 par le duc César à Claude de Coutance, seigneur de la Varanne et de Villeprouvaire.
En 1736 ce droit était aux héritiers Roussineau qui en faisaient alors l’aveu et qui en 1746 vendirent au sieur Pierre Augis « le droit de Billette au Gué du Loir » c’est-à-dire le droit de bac.

Ce droit devant disparaitre en 1809 ou fut établi sur le Boulon un pont de bois qui dura jusqu’en 1860, époque où fut construit un pont de pierre qui sert de passage à la route de Vendôme à Savigny.

En 1906, l'un de ces trois moulins était une beurrerie, et l'autre un moulin à blé.
En 1925, le moulin de Bonaventure devient la propriété du Fishing Club de France.
Sur l’emplacement de la beurrerie, un bâtiment dont l’architecture rappelle le manoir tout proche est édifié.
Il abritera trente bacs d’éclosion, et dans son château d’eau, habillé en poivrière, une cuve métallique peut stocker 12 m3.
Le système hydraulique consiste à pomper l’eau du Boulon, très favorable à la vie de la truite, et à la conduire dans la cuve.
Pour cela, un moteur à eau, une roue à aubes, mû par l’énergie hydraulique du Loir entraîne une pompe.
L’eau stockée est ensuite redistribuée par gravité dans les bacs d’éclosion avant de regagner le lit du Boulon.
À l’extérieur, trois bassins circulaires et un bassin rectangulaire, encore visibles, permettent de conserver les géniteurs.
L’activité de pisciculture débute en 1938 et cessera vers 1950 en raison de maladies des truitelles.
Aujourd’hui, la roue à aubes tourne à nouveau, mais sans activité motrice.

Des vestiges du moulin à blé subsistent à travers les glissières de la vanne motrice, la vanne de décharge et un palier de l’arbre de la roue, ex-moteur à eau.
Le troisième moulin est aujourd’hui disparu.



Régulièrement, à l’occasion de la « journée des moulins », le moulin de Bonaventure ouvre ses portes au public.
L'histoire complète du moulin de Bonaventure est à découvrir dans le bulletin ASME n° 16


Les 2 moulins de Villeneuve
Le moulin du Lierre (ou Liers)
Villeneuve, ancien fief situé sur le Boulon, était appellé Bude ou Budé.
Ces 2 moulins portaient le nom de Villeneuve jusqu'au XVIIIe siècle, où l'un d'eux fut baptisé "Moulin du Lierre".
L'un d'eux, au XVe siècle, appartenait au couvent de la Virginité des Roches (comme le moulin de Galette).
En 1490, on y fabriquait du papier. Les religieuses le donnèrent à rente mais en 1584 il leur fut exponsé(perte de la rente) pour cause de ruine.
L'autre, appellé "moulin de Villeneuve", appartenait au duc et fut aliéné en 1594 au seigneur du Plessis-Seignac, possesseur du fief de Villeneuve.

Le moulin de la Ripopière
La Ripopière était un manoir de fief dépendant directement du château de Vendôme.
Un moulin appellé "moulin des Quatre-Barbes", joignant le chemin de Vauracon au Brillard et de la Ripopière à Courtozé, tournait sur le Boulon et appartenait au manoir.
Il s'agissait d'un moulin à blé.
- Le Moulin des Quatre Barbes, ou des Quatre Barbons, 1517
- Moulin des Quatre Barbe le 6 juin 1611
- En 1643, Charles de Musset, seigneur de la Bonnaventure, achète le moulin pour 10 600 livres.

Le grand moulin Journée du patrimoine 2010 (extrait du flash info n°29)
Cette journée fut consacrée à la visite commentée du grand moulin du Gué du loir, 1 route de la BONNE AVENTURE à MAZANGE.
Nous avons pu découvrir les ouvrages hydrauliques, les machineries, sa dynamo, son tableau électrique d’origine ainsi que l’auberge.
Ce moulin appartient depuis 1870 à la famille SERPIN (6 générations).
Après avoir été chaleureusement accueilli par Mr et Mme LACOUR née SERPIN, nous avons eu accès à tous ces endroits d’une manière très familiale : Mr LACOUR au moulin et Mme LACOUR à l’auberge!
La veille plus de 80 personnes avec RESURGENCE étaient les hôtes de cette demeure familiale, aujourd’hui résidence secondaire, et ce 20 juin plus de 50 visiteurs ont assuré le succès de cette manifestation.
Le MOULIN :
En usage depuis le 13ième siècle, est «dans son jus», avec ses mécanismes, ses engrenages, lève-sac, tarare, blutoir, meule dormante, sa roue ainsi que les outils et accessoires du meunier et ceci sur 3 étages ...avec trous et trappes au plancher!
Et tout cela accompagné des commentaires, concernant les us et usages de l’époque, du Président des Associations de Sauvegarde des Moulins à eau du Loir et Cher et des Environs: M. LACOUR.
L’AUBERGE:
Visite du parc et de l’auberge avec Mme LACOUR, qui nous conta les obligations de gestion de l’eau, les différents avec les lavandières...,nous montra les viviers servant à approvisionner l’auberge en poissons, ainsi que les cormiers nouvellement plantés dans le parc rappelant ainsi le bois qui servait à fabriquer les dents des engrenages (dureté, souplesse d’embrayage et de « fusible»...Quand le moulin va trop fort... Meunier tu dors...!)
Un petit tour dans les 3 salles de l’auberge (dont une était réservée aux officiers des 42iémechasseurs de VENDÔME)
Cette auberge n’avait qu’une seule chambre mais par contre une écurie pouvant recevoir plus d’une dizaine de chevaux.
Pour terminer, visite de la modeste petite cuisine qui a la particularité d’avoir au fond un très grand et joli four à pain.

Le Moulin d’Echoiseau
Le Moulin d’Echoiseau
Le Moulin d'Echoiseau tire son nom de sa situation topographique sous une dénivellation permettant à l'eau qui l'alimente de «choir » pour faire tourner une roue à godets dans le sens inverse du courant. Malheureusement la roue a été volée lors de sa dépose pour la réfection du moulin. Elle sera très prochainement reconstituée et remise en place dans son emplacement d'origine.
Ce moulin construit en 1186, s'appelait à l'origine "Le Petit Moulin de Mazangé".
Il fut détruit par un incendie en 1759 et le tènement fut réuni par Louis François de Musset, oncle du poète, au manoir de Bonaventure. Il fut reconstruit et Alfred de Musset y passa ses vacances d'enfant et d'adolescent avec son frère Paul pendant la restauration. Il retrouva une activité minotière locale qui se poursuivit jusqu'à la fin des années cinquante. Les cultivateurs voisins se souviennent d'avoir, enfants, porté de l'avoine à battre pour l'alimentation du bétail.
Laissées à l'abandon les constructions se dégradèrent et le bief fut utilisé pour un élevage de truites. Racheté au début des années soixante par Mr et Mme Claude Catifait, il a fait l'objet par ses nouveaux propriétaires d'une restauration minutieuse dans l'état de sa construction au XVIIIème siècle. Toutefois, la partie ouest qui est une adjonction faite dans les années vingt par le meunier de l'époque pour se loger sur la place de son exploitation, a été conservée. Elle témoigne du caractère vivant de ce moulin au cours des siècles.
Pour le plaisir de leurs hôtes, Mr et Mme Lautman, avaient poursuivi l'aménagement par la construction d'une bibliothèque dans la partie centrale pour accueillir quatre mille volumes de littérature avec un fond important consacré à l'histoire ancienne et ont fait porter leurs efforts sur la création d'un jardin autour de la pièce d'eau , dans le style romantique italien cher à Alfred de MUSSET.
(D'après la brochure de Mr et Mme Olivier Lautman)

+ loin : Une ballade de l'ASME 41 entre les moulins de la vallée du Boulon
Un petit recensement des anciens propriétaires des moulins
Le moulin de Courtozé, commune d'Azé, sur le Boulon en limite de la commune.



Réalisé à Mazangé - 2001/2015
Dernière mise à jour le 09/07/2016

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