Au moyen-âge

La prévôté

Le Chapitre de Chartres (assemblée que les chanoines de la cathédrale tiennent pour traiter de leurs affaires) aurait été fondé au VIe siècle, par saint Lubin. Il était alors composé de soixante-douze chanoines et le nombre s’accrut encore.

Il avait créé à MAZANGÉ, à une époque fort reculée, une prêtrière ou précairie dont le titulaire avait la charge et le gouvernement de l’église et de la paroisse.
Il était révocable à la volonté du Chapitre, ce qui justifiait le titre de "précairie" donné au bénéfice de MAZANGÉ.
Mais la constatation du fait n’existe que dans une bulle du Pape Innocent II confirmant les biens de cette église en l’année 1133.
En 1140, un nommé Bernard alors chevécier du Chapitre, possédait la Censive de MAZANGÉ. Il obtint des moines de TIRON la cession de leurs droits sur le moulin du Lieu, moulin qui avait été donné à ces derniers en 1131 par Hubert Letort, de MONDOUBLEAU, au moment où il se faisait moine.

Cette précairie de MAZANGÉ fut transformée en prévôté en 1172.
En vertu d'une bulle papale d'Alexandre III (1159-1181), Mazangé devenait alors une véritable petit état gouverné par un chanoine qui avait le titre de prévôt.
Par ce fait, la prévôté de MAZANGÉ héritait des droits de celle d’AMILLY, et les maires des mairies de la prévôté d’AMILLY relevèrent alors en fief de celle de MAZANGÉ.
Le maire de GRANDHOUX (ce de Nonvilliers-Grandhoux,ce de THIRON, E-et-L) devait faire faire la foy au Chapitre, toutes les fois que le prévôt de MAZANGÉ cédait ou décédait.
La création de la prévôté de Mazangé sera encore confirmée, en octobre 1193, par Renaud De Monçon (1183-1217) evêque de Chartres qui accorda à Guillaume, cardinal et archevêque de Reims, de faire des quatre précaires de la cathédrale autant de prévôtés.
En effet, suite aux abus de pouvoir des prévôts, en 1174, Guillaume, alors evêque de Chartres et Archevêque de Sens, fit translation au Chapitre, de toutes les justices des quatre Prévotés de Nogent, de Fontenay, d'Amilly et de Beauce.
Et en 1193, par accord entre l'Evêque, le Chapitre et les quatres prévôts, il fut convenu que les revenus des prévôtés retourneraient en toute propriété au Chapitre à mesure que les prévôts viendraient à mourir et qu'on donnerait à leurs successeurs les quatre grandes prêtrières dites de Normandie, de Mésangey, d'Auvers et d'Ingré, qui seraient appelées prévôtés.
Cet accord, approuvé par le roi Philippe Auguste, fixa définitivement la position des Prévôts qui ne changea plus jusqu'à la suppression du Chapitre.

En 1213, le comte de Vendôme Jean III conclut un accord avec les évêques de Chartres relativement à leurs droits respectifs sur le bourg et le territoire de Mazangé.
Il abandonnait ainsi au prévôt tous ses droits de justice. Il reconnaissait en outre ne rien exiger des habitants si ce n'était que ces derniers fissent le guet au château de Vendôme, aves les vassaux, quand ils en étaient requis.
Pour le service militaire, ils étaient seulement tenus de suivre le comte lorsque, allant à la guerre, il traversait en personne le territoire de Mazangé; mais ils ne pouvaient être forcés de séloigner d'une distance plus grande que celle qui leur permit de revenir chez eux le même jour.

Mazange devenue ainsi l'une des quatre prévôtés extérieures du chapitre de Chartres faisait exception en Vendômois, qui suivait la coutume d'Anjou.
Les prévôts de Mazangé se proclamaient Seigneur de Mazangé, de la Chapelle-d'Arènes et de La Chapelle-Vendômoise
Elle possédait une cour de justice présidée par un bailli qui rendait précisement cette justice au nom du prévôt.

Lors de l'érection de l'évêché de Blois en 1697, le Chapitre de Chartres accepta que le droit de collation pour les paroisses de Saint-Laurent des Bois, de Mazangé, de la Chapelle-d'Arènes, de La Chapelle-Vendômoise fût tranféré à l'évêché de Blois. Mais il demandait que le droit de nomination et de présentation à ces trois dernières paroisses continuât à appartenir au chanoine prévôt de Mazangé. (Source)

Le manoir de la prévôté établi au XVe siècle est encore visible dans le bourg (vue Google Maps).
Celui-ci en ruines depuis les "guerres des Anglais, Charles Le Gaynier" (prévot de 1507 à 1521) et fils de Théodore Le Gaynier résidait en son bien patrimonial de la Bonaventure dont il avait, parait-il, fait rétablir la chapelle.
Plus tard, les prévôts vinrent résider à Vendôme, rue du Bourg Neuf, dans un hotel sis aux numéros 3 et 5 de la dite rue, appellé "Hôtel de la prévôté de Mazangé" (Vue Google Maps). C'est là qu'était alors le siège de la justice de Mazangé.

Le pré de la commune (ou se déroule le feu de St Jean) se nomme encore sur le cadastre "la Prévôté".

Charles de Ronsard,frère du poète, fut prévot de Mazangé de 1542 à 1545. (Source). Il accéda ensuite successivement à de nombreuses charges.(Arbre généalogique)

La mérerie

Il y avait à Mazangé une mairie héréditaire dont le fief portait le nom de La Mérerie. Pour cet office tenu en fief, le maire relevait du Chapitre de Chartres, et par le fait, du prévôt lui-même. Comme devoir féodal, il devait tous les ans à l'église une nappe blanche qui en 1746 était estmée valoir 4 livres.


Au sujet des Maladreries, Maladries ou Léproseries


Maladrerie : Hôpital anciennement affecté aux personnes malades de la lèpre et qu’on appelle aujourd’hui léproserie. (source Wikitionnaire)
Le rapprochement des populations avec celles de l'Orient, par suite des pélerinages et des croisades, avait donné à la terrible maladie de la lèpre une recrudescence effroyable.

Exilés dans quelques ruines désertes, les pauvres lépreux erraient solitaires au milieu des champs, vivant misérablement des quelques aliments que la pitié des habitants leur jetait en détournant la vue.

L'église vint en aide à cette nouvelle infortune. Deux ordres religieux furent créés pour soulager les lépreux et il n'y eut plus de centre un peu important qui n'eut son lazaret ou maladrerie.

A Mazangé, proche de la rivière du Boulon, existait une maladrerie ou léproserie sont il fut encore question en 1486. On n'en trouve plus la moindre trace. Il en reste le Pont de la Maladrerie, servant au passage de la route du Gué-du-Loir à Azé et à Mazangé.

L'administrateur était choisi parmi les habitants qu'on réunissait pour cette élection. L'élu était présenté à l'évêque. Comme revenus, il y avait un certain nombre de pièces de terre, et, en plus le droit d'un denier sur chaque boulanger qui venait vendre son pain aux marchés ou aux foires, le tiers des groins et mentonneries des porcs amenés pour être vendu au détail : plus tard, ce fut le pied ou l'oreille de chacune des bêtes.
L'administrateur avait le droit de prendre aussi un pied de chaque bouc, daim ou chèvre conduits à ces foires ou marchés.
L'administrateur était tenu de dire ou de faire une messe basse chaque dimanche et une grande messe le jour de la Sainte-Madeleine avec premiers vêpres, matines et secondes vêpres pour les seigneurs fondateurs et leurs ancêtres. Il était tenu de recevoir "le lépreux passant".

Le soin apporté aux lépreux fut l'une des "oeuvres de charité" les plus recommandées et les plus pratiquées par léglise au Moyen-Age.
Le nombre des léproseries devin considérable : dans son testament daté de 1225, Louis VIII (fils de Philippe Auguste et père de Saint Louis) léguait cent sols à chacune des 2000 léproseries de son royaume.

De tous les ordres, le plus important fut celui des chevalier de Saint-Lazare. Il s'était fondé, avant les croisades, à Jérusalem, pour soigner les lépreux qui accouraient en foule en Palestine parce que l'eau du Jourdain passait pour guérir leur mal.
Sise dans la ville sainte, leur maison-mère créa des succursales en Palestine. Après la première Croisade, l'Ordre de Saint-Lazare prit un caractère militaire comme ceux du Temple et de Saint-Jean.

Pendant son séjour en Palestine, au cours de la seconde Croisade prêchée par Saint-Bernard, Louis VII fut témoin du bien que faisaient les chevaliers de Sainte-Lazare; il en emmena 12 avec lui en France, leur confia la gestion de la Maladrerie de Paris et leur donna sa terre de Boignes près d'Orléans.
Etablis dès lors en Europe, les chevaliers de Saint-Lazare y tinrent un grand nombre de léproseries au XIIIe et XIVe siècles.

D'après un article de P. Lefin (Bulletin Municipal 1989)

La Maladrerie Sainte-Catherine à Troo La dernière léproserie d'Europe en Espagne


Réalisé à Mazangé - 2001/2015
Dernière mise à jour le 14/09/2015

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